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TRE SON PROPRE EMPLOYEUR
Lart de tout faire sans rien chapper

Par Marc Tison

(La Presse de Montral - 6 juin 2004 - Cahier " vos Affaires")

"Nous sommes des personnes-orchestres, lance la travailleuse autonome Mireille Demers. Il faut faire son travail, faire sa comptabilité – ouache ! –, voir à tout en même temps. Il s’agit d’être bien organisée."

L’image d’un jongleur vient tout de suite à l’esprit. Le travailleur indépendant doit contracter des emprunts pour les premières dépenses, dénicher des clients, établir un fonds de roulement, organiser son entreprise et trouver tout de même le temps de travailler. "Il faut toujours penser que la situation va s’améliorer, sinon on fait autre chose, confie-t-elle. Ça prend un moral d’acier et une santé de fer."

"Je suis une entrepreneure et j’ai une entreprise", poursuit Mme Demers, dont la firme Trillium-Catey offre des services conseils en commercialisation aux PME depuis 1990. D’autres, il y a 10 ans, se seraient plutôt dits travailleurs autonomes. "La mode du travail autonome a beaucoup évolué depuis le début des années 90, observe-t-elle. Presque 15 ans plus tard, c’est devenu simplement une autre façon de travailler."

Le magazine L’autonome est le symbole de cette évolution : alors qu’il s’adressait expressément aux travailleurs autonomes, il porte maintenant l’étiquette de magazine du nouveau travail. "On remarque que beaucoup d’indépendants ont été remplacés par des travailleurs constitués en entreprise, souligne l’éditeur Patrice Cormier. Le côté misérabiliste du travailleur autonome commence à s’estomper."

De plus en plus de travailleurs indépendants sont des retraités ou des préretraités qui ont décidé de s’occuper et d’arrondir leurs revenus en mettant à profit leur expérience pour devenir consultant. Après avoir augmenté sans discontinuer au cours des années 80 et 90, le nombre de travailleurs autonomes s’est d’ailleurs stabilisé autour de 2,4 millions au Canada depuis 2000.

L’art de tout faire sans rien échapper

L’aventure vous tente ? Vous voulez être votre propre employeur ? Si on considère le revenu moyen des travailleurs autonomes, n’espérez pas le pactole. Au début à tout le moins. "La plupart des études, américaines notamment, concluent à un écart assez important entre les revenus des travailleurs autonomes et ceux des salariés de même type", observe Anne Beaucage, professeur de relations industrielles à l’Université du Québec en Outaouais.

Cependant, vous augmentez sérieusement vos chances de succès — et de revenus — si vous êtes un professionnel dans la mi-quarantaine avec un bon réseau de contact et si vous avez développé une expertise en demande. Ce sont ceux qui gagnent les revenus le plus élevés, selon les recherches de Gilles Simard, professeur au Département d’organisation et ressources humaines de l’École des sciences de la gestion à l’UQÀM.

La situation est plus difficile pour les jeunes, qui ont davantage de difficultés à percer en raison de leur manque d’expérience.

Si vous êtes une jeune femme sans formation ou expertise particulière, les chances sont encore moins favorables. "Pour une minorité de stars, on retrouvait une majorité de ce que j’appelais des précarisés, où on retrouvait beaucoup de femmes, peu de scolarité, dans des secteurs les moins bien rémunérés, poursuit Gilles Simard. Ceux là ont moins accès au crédit et sont généralement défavorisés du côté du travail."

Il y a pire : être une femme de minorité visible. "Elles réussissent encore moins, fait valoir Joni Simpson, directrice générale de Compagnie F un organisme de soutien aux femmes entrepreneures. Je le sens autour de moi, il y a un racisme subtil, non reconnu."

Rassurez-vous toutefois, tout ne va pas si mal : l’écart entre les salariés et les travailleurs autonomes s’amenuise. Ceux qui persistent améliorent non seulement leur situation, mais y trouvent plusieurs avantages : souplesse, indépendance, autonomie. "La plupart des études au niveau qualificatif montrent une plus grande satisfaction au travail chez les travailleurs autonomes", assure André Beaucage.

C’est ce que confirme l’expérience de Mireille Demers : "À son compte, c’est la meilleure façon de vivre, s’écrie-t-elle. Tout dépend de sa philosophie personnelle." Pour ceux qui travaillent à domicile, les bouchons quotidiens annoncés à la radio sont une source inépuisable de réjouissance. Les mêmes font souvent valoir le plaisir de bosser sur la terrasse durant les belles matinées ensoleillées, tasse de café fumant à la main, la peau caressée par une douce brise, au son des gais pépiements de la gent ailée.

Vu de cette façon…

Ce document est le premier d'une série de trois par le même auteur, portant sur le sujet du travail autonome. Visitez les archives pour consulter la série.

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